n°444
Ce thème est celui du « dimanche de la santé », ce 12 février.
L’évangile de la liturgie de ce jour nous montre comment Jésus brise le mur de l’exclusion qui entoure le lépreux. En effet, après avoir eu “pitié de lui”, il lui permet, en le touchant, de reprendre sa place dans la société. Jésus se penche donc vers l’intouchable, l’homme rejeté, exclu, banni, isolé.
Or, les “Intouchables” d’aujourd’hui ne sont pas simplement ceux que nous voyons sur les écrans des cinémas ; ils sont chez nous, à nos portes ou hors de nos murs quand nous les "reconduisons" au-delà de nos frontières.
En effet, dans notre société, la lèpre revêt d’autres aspects que la maladie infectieuse et contagieuse, causée par le bacille de Hansen, redoutable et redoutée. “Les lèpres d’aujourd’hui ne manquent pas, en particulier celles qui blessent les hommes dans leur intégrité physique ou morale”.
Face à ces lèpres ne nous arrive-t-il pas souvent de faire sans l’autre, en l’ignorant, en ne jetant pas même un regard sur lui ou alors avec une condescendance loin de la compassion ?
Cet autre qui nous dérange, qui est-il ? Celui dont la main tendue nous gêne, dont le visage tuméfié nous indispose, dont nous ne supportons pas l’odeur ou l’exhibition de sa fragilité aux carrefours de nos routes ! Et puis il y a aussi cet être qui nous devient différent parce qu’il ne pense pas comme nous, qu’il se permet de parler inopinément et qu’il perturbe l’ordre public… bref cet(ces) exclu(s) qu’avec d’autres nous rejetons.
Alors, de quelle lèpre souffrons-nous pour ne pas pouvoir purifier notre regard afin de voir l’Autre à travers le frère en souffrance physique, matérielle ou morale ?
Osons dépasser les apparences et les différences. Risquons la contagion de la fraternité en mettant nos pas dans ceux de nos frères que nous avons du mal à rejoindre car n’est-ce pas en faisant un pas vers l’autre que nous ferons un pas vers l’Autre ? En effet, cette parole : “ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites”, c’est bien à nous qu’elle s’adresse !
Maintenant encore le Seigneur peut nous toucher grâce aux sacrements de la guérison que sont notamment ceux de la réconciliation et de l’onction des malades, qui manifestent le Christ venant au secours de notre faiblesse et proposant de guérir nos blessures. Alors, n’hésitons pas à tomber à genoux, comme le lépreux de l’évangile, pour dire à Jésus : “Si tu le veux, tu peux me purifier”.
mis en ligne le 8 Février 2012